( AFP / VALERIE MACON )
L'Union européenne a autorisé vendredi sous conditions le rachat par la major Universal Music Group (UMG) de la société américaine de gestion de droits musicaux Downtown, au terme d'une enquête approfondie lancée l'été dernier.
La Commission européenne explique avoir donné son feu vert à l'opération, chiffrée à 775 millions de dollars (environ 650 millions d'euros au cours actuel), après avoir accepté l'engagement des deux parties à céder entièrement la plateforme de gestion de royalties Curve, qui appartient à Downtown.
Bruxelles avait prévenu en novembre que cette transaction risquait de porter atteinte à la concurrence dans l'industrie musicale en donnant à UMG l'accès aux données sensibles de maisons de disques rivales.
UMG et Downtown ont proposé des engagements en réponse à ces inquiétudes, qui sont de nature à les "résoudre totalement", selon la Commission.
Ils consistent à céder en totalité Curve, ce qui inclut notamment son personnel, le logiciel de sa plateforme, sa base de clientèle et l'ensemble de ses données.
"Sur cette base, la Commission a conclu que la transaction, compte tenu de ces engagements, ne posait plus de problème en matière de concurrence", a souligné l'exécutif européen.
- Inquiétudes des labels indépendants -
Downtown, qui gère les répertoires et droits de millions d'artistes et ayants droit, traite au quotidien des données commerciales importantes concernant les activités des principales maisons de disques, y compris les grandes rivales d'Universal, d'où les inquiétudes qui avaient été soulevées par la Commission, dans le cadre de l'enquête approfondie ouverte en juillet.
UMG, basé aux Pays-Bas, est le numéro un mondial de l'édition musicale, avec dans son escarcelle des stars mondiales comme Taylor Swift, Billie Eilish, BTS, Mylène Farmer ou Stromae.
Le groupe avait annoncé en décembre 2024 que sa filiale Virgin Music Group projetait d'acquérir Downtown pour 775 millions de dollars, espérant à l'époque pouvoir boucler l'opération en 2025.
Virgin Music Group a salué cette décision, qui va lui permettre de finaliser l'acquisition prochainement.
"L'autorisation de la Commission européenne était la dernière étape réglementaire requise pour mettre en œuvre la transaction, qui devrait être conclue dans les prochaines semaines", a indiqué la filiale d'Universal.
A l'inverse, l'organisation des labels indépendants européens Impala a regretté ce feu vert, ses membres craignant de faire les frais d'une telle opération.
A travers son enquête approfondie, "la Commission européenne a envoyé un message très clair quant aux risques" de concentration au sein de l'industrie musicale, a commenté dans un communiqué Helen Smith, dirigeante de l'association.
"Mais dans le même temps, le résultat n'est pas à la hauteur", a-t-elle estimé, demandant notamment aux régulateurs de s'assurer que les artistes et labels qui voudraient cesser de travailler avec Downtown puissent le faire librement et sans perdre l'accès à leurs données.
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